Choisir ses étudiants : la France va-t-elle fermer sa porte aux bourses vides ?

Ils viennent de partout, rêvent de campus lumineux et de diplômes reconnus, mais bientôt, leur parcours en France pourrait dépendre moins du talent que du portefeuille — ou du domaine choisi. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, vient de relancer un vieux débat avec un plan ambitieux : higher education à la française, mais avec une nouvelle logique. Baptisé « Choose France for Higher Education », ce dispositif ressuscite les idées de 2018, lorsque l'ex-Premier ministre Édouard Philippe avait tenté une reform similaire. Cette fois, le gouvernement veut vraiment imposer la règle : les étudiants étrangers hors Union européenne paieront des droits d'inscription differentiated , avec très peu d'exceptions. Une shift qui transforme l'accueil universitaire en stratégie économique.

À partir de la rentrée 2026, les étudiants non boursiers devront s'acquitter de 2 895 euros pour une licence et de 3 941 euros pour un master, contre 178 et 254 euros actuellement. Un increase vertigineux, mais que le ministre juge « extrêmement compétitif » face aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Les universités ne pourront plus décider librement d'exonérer massivement : seuls 10 % des étudiants extracommunautaires pourront bénéficier d'une exemption par établissement. Le reste devra s'aligner. L'objectif ? Générer 250 millions d'euros par an pour améliorer l'accueil, dans un contexte de restrictions budgétaires. Et atteindre les 500 000 étudiants étrangers en 2027 — un target que Baptiste croit à portée de main.

Mais ce n'est pas qu'une question de money . Le plan vise aussi à « choisir » les étudiants. Priorité aux profils stratégiques : IA, biotechnologies, ingénierie. Pour réindustrialiser le pays, la France aurait besoin de 40 000 ingénieurs et 40 000 techniciens par an — un déficit que les étudiants nationaux ne comblent pas. Désormais, 60 % des bourses gouvernementales seront réservées à ces fields clés. Une sélection douce, presque invisible, mais bien réelle. « La France a cruellement besoin de talents », martèle Baptiste, comme pour justifier une selective qui sent le pragmatisme économique plus que l'idéal universel.

Pourtant, cette logique suscite la colère. Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, dénonce un « projet xénophobe » et un plan « discriminant ». Pour elle, on construit des barriers là où il devrait y avoir de l'ouverture. « Il n'y a aucun chiffre sur les besoins réels du monde socio-économique », s'agace-t-elle, mettant en doute la cohérence du dispositif. Alors que les universités avaient déjà résisté en 2018, le silence de France Universités en dit long. Le modèle français, fier de son universalité, vacille-t-il sous la pression des budget et des enjeux géopolitiques ? La réponse se jouera dans les mois à venir — et dans les choix des étudiants du monde entier.

Réactions 8

  • S
    Sofia_92

    Et si au lieu de raise les prix, on améliorait les conditions d'accueil ?

  • M
    Marc_L

    La France à la 8e place… On pourrait faire mieux, oui, mais avec plus d'humain, pas moins.

  • Z
    Zineb_Ed

    Un master à 4 000 €, c’est hors de portée pour beaucoup. Où est l’égalité ?

  • P
    Pascal_R

    Ils parlent de compétitivité, mais c’est surtout une question de dépendance économique.

  • J
    Julien_T

    Les bourses pour les meilleurs ? Déjà que l'accès est inégal…

  • C
    Chloé_M

    On attire les talents, ou on filtre les pauvres ? La question mérite d’être posée.

  • F
    Farid_N

    250 millions par an, c’est bien, mais pour qui exactement ?

  • N
    Nadia_K

    « Choisir » les étudiants ? On dirait une policy d’immigration déguisée.

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

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