Qui va vraiment gagner avec l’IA ? La mise en garde du Nobel d’économie
Dans un café discret près de la Banque de France, smiling et affable, Simon Johnson passe inaperçu. Pourtant, cet économiste anglo-américain est l’un des esprits les plus écoutés sur la technology qui redessine notre monde : l’intelligence artificielle. Prix Nobel d’économie en 2024 pour ses travaux sur les institutions et la prospérité, il a dirigé le FMI avant la crise de 2008 et enseigne au MIT. Aujourd’hui, nommé « ambassadeur de l’IA » par le Royaume-Uni, il sonne l’alarme : cette transformation ne bénéficiera pas à tous de manière égale.
Les effets économiques de l’IA restent, selon lui, modest pour l’instant. Aux États-Unis, les entreprises l’utilisent surtout pour automate des tâches confiées aux juniors, ralentissant les hiring de jeunes diplômés. Mais pas de chômage massif… encore. En revanche, les investments colossaux dans les data centers boost la croissance américaine. À New York, les clients d’avocats demandent désormais des documents filtrés par l’IA, pas par un humain, pour reduce les coûts — un signe que la pression monte.
Le vrai danger, prévient Johnson, est que l’IA benefit d’abord aux cadres supérieurs et aux détenteurs de capital. Un avocat d’affaires à 3 500 dollars de l’heure voit son pouvoir intact, voire renforcé, tandis que ses subordonnés deviennent inutiles. « L’IA pourrait détruire des emplois massivement », warns -t-il. Contrairement à l’arrivée du chemin de fer, qui a créé de nouveaux métiers — signalisation, chefs de gare, ouvriers —, l’automatisation actuelle remplace sans recréer. Waymo, le taxi sans chauffeur, capte 20 % du marché à San Francisco, mais n’a pas généré d’emplois nouveaux.
Alors, que faire ? Johnson plaide pour une « IA favorable aux travailleurs », comme l’assistant pour électriciens conçu par Schneider Electric : un outil qui enhances l’expert, pas qui le remplace. Les entreprises préfèrent l’automatisation — plus profitable à court terme. Il faut donc des incitations : subventions ciblées, fiscalité équilibrée, droit de la concurrence renforcé. Et surtout, une voix pour les travailleurs dans la conception de ces outils. Pas un revenu universel, qui mène à une société féodale, mais un « dividende technologique » à la manière de l’Alaska.
L’IA, comme toute grande innovation, bouleversera les rapports de power . Johnson ne rejette pas la technologie, mais appelle à inventer de nouvelles institutions pour éviter les fractures. Car sans mesures volontaristes, le progrès risque de profiter à quelques-uns, au détriment de beaucoup. La question n’est plus si l’IA change le travail — c’est déjà le cas — mais who en tirera parti.
Fascinant. Mais quand on voit que même les jeunes privileged aisés sont pessimistes, c’est que le mal est profond.
Et si l’IA, au lieu d’automatiser, servait à former plus vite ? On parle toujours de remplacement, jamais de requalification.
Des incitations ? Des subventions ? On paie déjà les multinationales pour qu’elles fassent ce qu’elles veulent.
Mon fils veut devenir avocat. Dois-je lui dire de changer de voie ou d’apprendre à collaborate collaborer avec l’IA ?
Le dividende technologique, pourquoi pas. Mais d’abord, il faudrait taxer les géants du numérique comme il faut.
L’exemple de Schneider Electric est rassurant. Une IA qui aide, pas qui remplace. Pourquoi ce modèle ne domine-t-il pas ?
L’idée qu’un outil puisse rendre une expertise humaine obsolète… c’est déjà arrivé avec les calculateurs, non ?
Pas de voix pour les travailleurs dans la conception de l’IA ? On est encore au XXe siècle, alors.