Crans-Montana : Le maire se défend après l'incendie meurtrier

La nuit du Nouvel An à Crans-Montana, en Suisse, s’est transformée en cauchemar lorsqu’un fire a fait 41 morts dans un bar bondé. L’enquête progresse, mais les questions persistent. Lundi, le maire de la commune, Nicolas Féraud, s’est exprimé devant les magistrats pour tenter de clarifier son rôle dans ce drame. Il affirme n’avoir eu connaissance de l’absence de safety checks dans l’établissement, le Constellation, qu’après le 2 janvier.

Or, ces vérifications, obligatoires chaque année, n’avaient pas été effectuées depuis 2019 – soit six ans d’inaction. Féraud, mis en cause avec huit autres personnes, affirme avoir donné les moyens à ses services de faire leur travail. Son avocat, Christian Delaloye, a insisté sur ce point : « À chaque demande de renfort, le conseil communal a octroyé des postes. » Selon lui, les documents du dossier le prouvent. Mais pour les avocats des victimes, cette explication ne suffit pas.

« On n’a pas eu nos réponses à la question essentielle : pourquoi, pendant six ans, aucun contrôle n’a-t-il été fait ? » a déclaré Alain Viscolo, l’un des conseils des parties civiles. Il dénonce un système flou, avec trop de responsables et, finalement, aucune clear responsibility . Son confrère, Me Romain Jordan, parle d’une « dynamique de négligences » ayant mené au drame. Une formulation qui résonne fort dans une station alpine jusqu’alors perçue comme sûre.

L’enquête explore aussi les actes des propriétaires français du bar, Jacques et Jessica Moretti. Le feu aurait été provoqué par des étincelles provenant de bougies « fontaine », qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol. Ce détail technique pourrait s’avérer crucial. En l’absence de fire prevention efficaces, un simple élément décoratif est devenu une arme mortelle.

Le bilan humain est lourd : 41 morts et 115 blessés, majoritairement des jeunes, dont de nombreux étrangers – surtout des Italiens et des Français. Selon l’Office fédéral de la protection civile, 38 personnes restent hospitalisées ou en réadaptation, près de la moitié à l’étranger. Ce drame interpelle bien au-delà des frontières suisses : il soulève des questions sur la public safety , la vigilance des autorités locales et le cost à payer quand la prévention est reléguée au second plan.

Commentaires 6

  • C
    Chloé_92

    Comment est-ce possible qu’aucun contrôle n’ait eu lieu pendant six ans ? Il y a forcément une chaîne de défaillances quelque part.

  • M
    MarcValais

    Le maire dit qu’il ne savait pas, mais c’est quand même lui qui donne le tone en matière de sécurité. Cette excuse ne tient pas.

  • S
    SofiaIT

    Beaucoup de victimes étaient italiennes. À Rome, on commence à parler d’une diplomatic issue . La pression monte.

  • F
    FredLeGenevois

    Des bougies qui causent un tel tragedy … On se demande si les normes de construction ne sont pas aussi en cause.

  • N
    Nadia_74

    Et pendant ce temps, les familles attendent des réponses. Pas des excuses, des actes. La douleur est immense.

  • T
    Timo_R

    La « dynamique de négligences » – ce terme dit tout. Ce n’est pas un accident, c’est une défaillance systémique.