Centrafrique : le maire de Bangui empêché de reprendre ses fonctions par le personnel

À Bangui, la reprise du pouvoir par Émile-Gros-Raymond Nakombo, maire désigné par le chef de l’État, a été bloquée net. Alors qu’il s’apprêtait à reprendre ses fonctions lundi 20 avril après une temporary leave , il s’est vu refuser l’accès à la mairie par une partie du personnel. Ce refus, appuyé par un arrêté du ministère de l’Administration du territoire, a transformé un retour de routine en crise politique.

Nakombo, à la tête de la mairie depuis dix ans, dénonce un coup ourdi en coulisses. « Si vous voulez qu’on soit modèle dans ce pays, nous devons respecter les textes que nous prenons nous-mêmes », a-t-il lancé devant les journalistes, soulignant que seul le président Touadéra pouvait le dismiss . Selon lui, un simple arrêté ministériel ne saurait trancher son sort. Il évoque aussi ses réalisations : funding acquis, gestion portée « à tous les niveaux », et projets lourds menés à bien.

Mais dans l’ombre de ce retour avorté, gronde une colère ancienne. Devant la mairie, des agents en colère brandissent des banderoles : « Trop, c’est trop ». Une employée, restée anonyme, accuse le maire de détournements de fonds, de mauvaise gestion et de salaires impayés. Pour elle, cette résistance n’est pas un acte d’insubordination, mais un stand de subir encore dix années supplémentaires de négligence.

Le contexte électoral ajoute une couche de tension. Nakombo avait demandé sa disponibilité pour briguer un siège aux législatives, avant de retirer sa candidature pour éviter une lutte fraternelle. Entre-temps, l’État a installé une interim team . Selon une source au sein du ministère, la décision de maintenir ou non Nakombo dépendrait désormais de l’issue du second tour des municipales, prévu le 26 avril. En attendant, la mairie reste un champ de conflit institutionnel.

Réactions 7

  • S
    Soro94

    Ils parlent de respect des textes, mais quid du public service ? Les agents sont bloqués depuis des années sans pay raises ni conditions décentes.

  • M
    Mireille_CBA

    Un maire qui gère depuis 10 ans sans être élu, un ministère qui pousse en coulisse, et des employés qui paient les pots cassés. Classique.

  • T
    Toumodi

    « Trop, c’est trop »… cette banderole dit tout. Ce n’est pas contre un homme, c’est contre un système de impunité.

  • F
    Fally_M

    Et le président dans tout ça ? S’il ne le démet pas, il valide son retour. S’il reste silencieux, il envoie un signal de faiblesse.

  • Z
    Zambo_K

    On parle de temporary leave , mais en pratique, c’est une zone grise. Pas de règle claire, donc chaque cas devient une lutte de pouvoir.

  • N
    NadiaR

    La vraie question : pourquoi le ministère attend le 26 avril ? Pour éviter un recours en justice ou pour mieux imposer son choix ?

  • K
    Koffi_7

    Dix ans sans élections locales, dix ans de gestion opaque. Le personnel fait ce que l’opposition n’a pas pu faire.

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

[email protected]