Sénat : Nfor Tabe Tando décédé, un partisan de l'unité nationale
Le Sénat camerounais observe un profond deuil après le décès de Nfor Tabe Tando Ndiep Nso, 2ᵉ vice-président de la Chambre haute. Décédé à l’âge de 75 ans, cet homme politique de premier plan incarnait une figure de national unity dans un contexte marqué par la crise anglophone. Sa disparition survient quelques jours seulement après celle de Marcel Niat Njifenji, première personnalité de cette institution, accentuant le vide au sommet de la vie parlementaire.
Chef traditionnel de Bachuo-Ntaidan dans la région du Sud-Ouest, Tabe Tando n’était pas seulement un élu du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), mais aussi un acteur clé dans la peace process . Depuis sa première élection au Sénat en 2013, réélu en 2018, il présidait le groupe parlementaire du parti au pouvoir tout en siégeant à la Commission des lois constitutionnelles. Son dernier acte politique notable fut sa participation à l’adoption, le 4 avril, de la constitutional reform .
Au-delà de ses fonctions officielles, Tabe Tando s’était engagé dans une médiation directe avec des combattants séparatistes. En mai 2019, selon le journal L’Anecdote, il aurait entamé des negotiations avec près de 500 d’entre eux pour les inciter à déposer les armes. S’exprimant en pidgin, une langue locale, il disposait d’un strong connection avec les populations touchées. Cette initiative s’inscrivait dans le sillage du Grand dialogue national promu par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, présenté alors comme une real opportunity de sortie de crise.
Malgré quelques signes d’écoute, les hostilités n’ont jamais cessé. Tabe Tando quitte la scène sans avoir vu la fin du conflit qu’il espérait apaiser. Sa disparition prive le régime de Yaoundé d’un key actor dans la gestion de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Sa voix, à la fois institutionnelle et ancrée dans le terrain, représentait un pont rare entre l’État et les communautés en colère.
Son héritage reste marqué par une constante commitment en faveur de la cohésion nationale. Dans un contexte où la violence perdure, la perte d’une figure de dialogue comme Tabe Tando soulève des questions sur la political will à poursuivre ce type d’initiatives. Le Sénat, déjà fragilisé par la succession rapide de deux de ses plus hautes figures, devra désormais faire face à un vide aussi symbolique que fonctionnel.
Un vrai loss coup dur pour le Sud-Ouest. Il parlait notre langue, il connaissait nos douleurs.
Le gouvernement parle de dialogue, mais combien d’autres comme lui sont vraiment soutenus sur le terrain ? Où est la follow-up suite concrète après chaque décès ?
La mort de deux sénateurs en quelques jours… ça sent la crisis crise profonde, pas seulement humaine.
Il a essayé. C’est plus qu’on peut en dire pour beaucoup. Sa effort tentative mérite respect.
Sans figures comme lui, la trust confiance entre l’État et les régions s’effrite encore un peu plus.
Et pendant ce temps, les security forces forces de sécurité continuent leurs opérations comme si de rien n’était.