Crise chez Grasset : 170 écrivains passent à l’offensive contre Bolloré
Le monde feutré de l’édition française vit un shock sans précédent : 170 écrivains ont décidé de ne plus publier chez Grasset pour protester contre le départ de son PDG historique, Olivier Nora. Ils tiennent Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire du groupe Hachette, pour responsable de ce qu’ils qualifient de dismissal , une rupture brutale après 26 ans à la tête de la maison d’édition.
Ce mouvement de resistance a éclaté en plein Festival du Livre de Paris, où Grasset, comme la plupart des maisons du groupe Hachette, fait défaut. Alors que 1 800 auteurs et 450 exposants sont présents, l’absence de cette figure centrale du paysage littéraire symbolise une fracture profonde. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a souligné le trust relationship qui unit auteurs et éditeurs, une alliance qu’elle voit comme le cœur de la création littéraire libre.
Dans leur lettre ouverte, les écrivains — dont Virginie Despentes, Sorj Chalandon et Bernard-Henri Lévy — dénoncent une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale. "Nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique", affirment-ils, évoquant une pression croissante pour imposer une ligne politique dans les médias et la culture. Pour la romancière Colombe Schneck, le départ de Nora a été a spark inévitable, révélant des tensions latentes entre sensibilités politiques opposées au sein même de la maison.
Antoine Gallimard, figure emblématique de l’édition, a salué l’initiative comme un acte de courage, affirmant que les maisons d’édition ne doivent pas devenir des trophées entre les mains d’actionnaires idéologiques. Le Syndicat de la librairie française parle d’une « mise au pas » du groupe Hachette, tandis que des auteurs envisagent de récupérer leurs droits d’édition, un geste lourd de symbolic weight .
Dans ce climat tendu, le Festival du Livre tente de rester un espace de celebration de la lecture sous toutes ses formes, de la littérature classique à la new romance. Mais l’onde de choc provoquée par cette fronde littéraire résonne bien au-delà des allées du Grand Palais. La sénatrice Sylvie Robert appelle à instaurer une conscience clause pour protéger les auteurs en cas de changement radical de ligne éditoriale — une proposition qui pourrait redéfinir l’équilibre entre pouvoir économique et liberté créative.
170 écrivains, c’est pas rien. Ce genre de collective action action collective montre à quel point le climat devient toxique.
Bolloré achète des médias comme on achète un terrain. La culture n’est plus un bien commun mais un outil de ideological control contrôle idéologique.
Je comprends la colère, mais qu’est-ce que ça change concrètement ? Les auteurs vont perdre des avances, des visibilités… quel est le vrai cost coût de ce combat ?
Dire que Nora était apolitique serait naïf, mais son départ marque clairement un tournant : on remplace une figure éditoriale par un homme de management aligné.
En tant qu’éditrice chez une maison indépendante, je sens cette pressure pression partout. On parle moins, on hésite plus. C’est insidieux.
Et si c’était le début d’un vrai mouvement ? Une wake-up call prise de conscience pour tout le secteur culturel.