Des bornes Lego pour camions électriques : et si la recharge lourde devenait modulaire ?
Au Québec, l’électrification du transport heavy n’est plus une utopie, mais une reality en construction. Des entreprises comme Chargepoly posent les foundations d’un nouveau réseau avec des bornes de recharge modulaires, capables de s’adapter à la croissance des flottes électriques. «On peut ajouter des points de recharge au fur et à mesure des besoins, sans tout reconstruire», explique Jean Nicolas Dupéré, directeur national de Chargepoly. À la manière des blocs Lego, ces systèmes s’assemblent et évoluent — une flexibilité que les infrastructures traditionnelles ne permettent pas. Pour les entreprises hésitantes, cette évolutivité devient un argument décisif.
Les nouvelles bornes ultra-rapides atteignent des puissances allant jusqu’à 373 kW, une performance qui permet de recharger une batterie de camion en quelques hours seulement. «Imaginons que le propriétaire d’une entreprise veut commencer par brancher quatre véhicules, et que quelques années plus tard, il en veut plus, on peut en ajouter», décrit Sylvain Cabanetos, directeur développement des affaires. Cette capacité d’évoluer répond à un besoin criant : dans un parc automobile mixte, où camions et véhicules légers cohabitent, il faut une solution intelligente. Et celle-ci prioritizes les véhicules les plus gourmands en énergie, maximisant l’efficacité du réseau.
Pourtant, malgré ces avancées technologiques, le réseau de recharge demeure embryonnaire. Si l’on voit apparaître des projets pilotes — comme des truck stops électriques le long des autoroutes — la densité du réseau est encore insuffisante. Chargepoly a implanté sa première borne pour camions lourds à Sainte-Hélène-de-Bagot, sur l’autoroute 20, un premier pas vers des corridors de recharge entre Québec et Montréal. «Si tu n’as pas accès à des bornes, tu ne peux pas t’électrifier», alerte Martin Archambault d’Hydro-Québec. Le défi n’est plus technologique, mais infrastructure : il faut penser à l’espace public comme un prolongement des parcs privés.
L’enjeu dépasse l’écologie : il est aussi economic . Le programme fédéral Incitatifs pour les véhicules moyens et lourds zéro émission soutient à la fois l’achat de véhicules et l’installation des bornes. «L’électricité est produite localement, alors que le pétrole est en grande partie importé», rappelle Daniel Breton, PDG de Mobilité Électrique Canada. Moins on dépend des imports , plus on retains l’argent dans l’économie locale. Et avec la volatilité des prix des carburants, la stabilité du coût de l’électricité devient un argument de poids. «La transition est en marche. Ce n’est plus une question de savoir si ça va arriver, mais à quelle vitesse.»
C’est bien beau les bornes modulaires, mais combien ça coûte vraiment d’en installer une?
Enfin une solution qui scales s’adapte à la taille réelle de la flotte. On n’a plus à tout payer d’avance.
373 kW, c’est impressionnant. Mais est-ce que les camions existants peuvent vraiment en profiter à 100 %?
J’espère que les municipalités vont prioritize prioriser ces installations dans les zones industrielles.
On parle d’économie locale, mais qui fabrique ces bornes? Pas sûr que tout soit produit ici.
Le vrai test, ce sera quand on pourra recharger un camion en 30 minutes sur l’autoroute, comme pour une auto. Tant que ce n’est pas le cas, la transition reste partielle.
La phrase de Daniel Breton résume tout : ce n’est plus une question de if si, mais de quand.