Un vieux médicament, un nouvel espoir : l’aspirine contre le cancer ?

Dans une petite boîte blanche, un comprimé blanc et rond traîne depuis des décennies dans les armoires à pharmacie, headache comme par réflexe. Mais derrière cette simplicité de façade, l’aspirine mène un combat bien plus vaste. Ce médicament ancestral, connu sous le nom d’acide acétylsalicylique, ne se contente plus de calmer la fièvre ou les douleurs articulaires — il s’attaque désormais au cancer lui-même. Alors que son rôle dans la prévention cardiovasculaire est établi, la science commence à percer les mécanismes par lesquels il pourrait ralentir l’apparition ou la progression de certaines tumeurs, notamment en inhibant une enzyme clé. Les chercheurs, longtemps sceptiques, sont aujourd’hui éberlués par l’étendue de ses effets.

L’un des verrous scientifiques vient d’être levé : l’aspirine bloque la production de l’enzyme Cox-2, responsable de la sécrétion de prostaglandines, ces molécules qui encouragent une croissance cellulaire incontrôlée. Selon Anna Martling, professeure en chirurgie à l’Institut de Karolinska, le médicament agit à l’extérieur comme à l’intérieur des cellules, slowing ainsi l’élargissement ou même l’apparition de tumeurs. D’autres pistes émergent : à Cambridge, des recherches montrent que l’aspirine pourrait rendre les cellules métastatiques plus visibles aux lymphocytes T, ces globules blancs chargés de traquer les intrus dans l’organisme. C’est comme si elle leur envoyait une balise lumineuse.

L’un des résultats les plus solides concerne le cancer du côlon. Depuis les années 70, des observations chez la souris ont suggéré un effet protecteur. Puis, des études humaines ont confirmé que des doses faibles, prises régulièrement, pouvaient reduce significativement le risque. John Burn, chercheur britannique, a souligné que sur dix ans, le risque diminue de moitié chez certaines personnes à risque prenant 600 mg d’aspirine par jour. Ce n’est pas une promesse de guérison, mais une prévention ciblée qui change la donne. En Europe, des recommandations ont déjà évolué pour les patients atteints du syndrome de Lynch, une maladie génétique qui increases fortement la vulnérabilité au cancer colorectal.

Alors pourquoi ne pas en prescrire à tout le monde ? La réponse tient à la complexité des essais cliniques et aux risques associés. Comme l’explique Anna Martling, prouver un effet généralisé exigerait des études gigantesques, durant des décennies, avec des milliers de participants. Et l’aspirine, bien que bénigne pour certains, peut provoquer des hémorragies chez d’autres. Elle reste contre-indiquée dans certains profils médicaux. Mais la piste est trop sérieuse pour être négligée. Chaque nouvelle étude ravive l’espoir qu’un jour, ce petit comprimé puisse figurer au cœur d’une stratégie de protection anticancéreuse, aussi simple qu’improbable.

Réactions 7

  • L
    Lise_M

    Incroyable de penser qu’un médicament aussi common puisse avoir un tel impact. Mais bon, je reste prudente.

  • D
    DocJean

    L’effet sur Cox-2 est bien établi, mais il ne faut pas oublier les risques hémorragiques. L’aspirine n’est pas un bonbon.

  • C
    Chloe_75

    Mon oncle prend de l’aspirine pour son cœur… Est-ce que ça pourrait aussi le protect contre le cancer ?

  • F
    FredB

    On parle de 600mg par jour ? C’est énorme. Je croyais que les doses préventives étaient bien plus faibles. Confusion totale.

  • S
    SantéVerte

    La nature a parfois des réponses que la science met des décennies à comprendre. L’aspirine vient du saule, après tout.

  • M
    Marc_L

    Et si on mettait l’accent sur la recherche au lieu de rêver à la pilule miracle ? Les essais doivent continuer.

  • N
    NinaK

    Ça me donne envie de mieux comprendre mon propre risque génétique. Et peut-être discuter d’une daily avec mon médecin.

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

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