Parmi les 180 entreprises les plus polluantes, 14 émettent autant que les 166 autres et elles le savaient depuis 40 ans

Cet été 2025, les mots « record », « inédit », « sans précédent » ont envahi les journaux, tentant de décrire l'intensité des vagues de chaleur qui ont frappé la planète. Mais derrière ce flot de superlatifs, une étude rigoureuse de l'École polytechnique fédérale de Zurich response à une question cruciale : ces événements sont-ils vraiment hors norme ? La réponse, étayée par des décennies de données, est sans appel. « Sur les onze jours de la vague de chaleur, on a atteint ou dépassé trente-deux fois le seuil des 40°. C’est le même chiffre que sur la deuxième moitié du XXe siècle », souligne Françoise Vimeux, climatologue.

Les chercheurs ont analysé 213 vagues de chaleur survenues entre 2000 et 2023, toutes marquées par des loss humaines et économiques. « Le changement climatique a rendu chacune de ces vagues plus probable et plus intense », affirme Yann Quilcaille, auteur principal. Par rapport à 1850-1900, le réchauffement d’origine humaine a multiplié par 20 la probabilité de tels événements entre 2000 et 2009, et par jusqu’à 200 entre 2010 et 2019. Ce pace accéléré n’est plus une projection, c’est une réalité mesurée.

Mais l’étude va plus loin : elle identifie des responsables concrets. Parmi les 180 entreprises les plus polluantes au monde, 14 seulement — celles liées aux fossil fuels ou au ciment — émettent autant de gaz à effet de serre que les 166 autres réunies. Des géants comme Saudi Aramco, Gazprom ou ExxonMobil sont pointés du doigt. Ce n’est pas une question de taille, mais de impact disproportionné.

Et ce qui rend la situation encore plus grave, c’est que ces entreprises savaient. Depuis les années 1980, elles étaient informées que l’exploitation des énergies fossiles entraînerait un réchauffement climatique. Pourtant, elles ont poursuivi leurs activités. « Nous estimons qu’elles portent une responsibility supplémentaire », insiste Quilcaille. La science fournit désormais des preuves solides pour soutenir le principe du pollueur-payeur.

La pression monte, non seulement sur la planète, mais aussi sur le plan politique. Les chercheurs appellent désormais à élargir cette analyse à d’autres phénomènes extrêmes : heavy rains , sécheresses, tempêtes. Comprendre qui pèse le plus dans la balance climatique, c’est aussi tracer une voie pour la justice environnementale.

Réactions 6

  • M
    Marc_LN

    C’est le cost humain qui me choque. On parle de vies perdues, pas juste de statistiques.

  • S
    Sophie_92

    Depuis les années 80 et ils ont continué ? C’est de la dissimulation organisée, pas juste de la négligence.

  • L
    Leo_T

    Le report de l’EPFZ donne enfin des chiffres précis. Ça change tout dans les débats.

  • C
    Camille_VR

    On sent la pressure monter sur les États pour agir. Mais auront-ils le courage de tenir tête à ces géants ?

  • R
    Romain75

    Et les autres 166 entreprises dans tout ça ? Leur role n’est pas anodin non plus, même si c’est moindre.

  • N
    Nina_Paris

    On parle de extreme weather comme s’ils étaient nouveaux. Mais la science nous dit qu’on les a voulus.

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

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