Un rapport sous haute tension : quand l’audiovisuel public devient arme politique
Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, les mots ont pesé plus lourd que les chiffres. Le rapport d’enquête sur l’audiovisual public, présenté par le député Charles Alloncle (UDR), a été adopté dans un climat électrique : 12 voix pour, 10 contre. Un résultat serré, mais surtout une political dénoncée à cor et à cri par la gauche et plusieurs membres de la majorité. Le ton du document, jugé acide et accusateur, a relancé le débat sur la neutralité des institutions, alors que le parti d’Alloncle est allié au Rassemblement national. Ce rapport, loin d’être un simple bilan, est devenu un champ de bataille idéologique.
Le cœur du texte préconise une drastic pour France Télévisions, avec des économies visant à dégager plus d’un milliard d’euros — soit le quart du budget public alloué à l’audiovisuel. Derrière ces mesures financières, on devine une vision plus large : celle d’un État moins présent dans les médias. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, n’a pas mâché ses mots, parlant d’un rapport qui aims à « une destruction de l’audiovisuel public ». Selon elle, Charles Alloncle aurait utilisé cette commission « à des fins politiques », relayant les idées d’Éric Ciotti et du RN, avec des methods qualifiées de « détestables ».
Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, a renchéri, invitant les Français à juger eux-mêmes. « Les méthodes de l’extreme droite » seraient désormais visibles au grand jour, a-t-il affirmé, déplorant un rapport où l’on insinue, accuse, sans preuve. Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, a fustigé un « torchon truffé de contre-vérités », qualifiant Alloncle de « petit procureur ». Même chez les centristes, la gêne transparaît : Yaël Braun-Pivet a salué le work accompli, mais souligné qu’Alloncle était « peut-être un peu trop dans la lumière », une formule diplomatique pour dire qu’il a outrepassé sa fonction.
Et puis il y a eu les questions filtrées par Lagardère News — propriétaire du JDD — envoyées aux députés pour influencer les auditions. Charles Alloncle a balayé l’affaire d’un revers de main : « Le lobbying, c’est vieux comme l’Assemblée », a-t-il lâché. Mais son propre président de commission parle, lui, de « tentatives d’ingérence inédites ». Entre indépendance affichée et soupçons de manipulation, le rapport Alloncle ne clôt rien. Il ouvre plutôt une brèche : celle d’un media public sous pression, pris dans une tempête partisane où chaque mot compte, chaque silence pèse.
Un rapport biaisé du début à la fin. Cette partialité n’a rien d’une enquête, tout d’un procès médiatique.
Et les économies proposées, concrètement, ça touche quels postes ? On parle de suppressions d’emplois ?
Le mot « torchon » est fort, mais Tondelier n’a pas tort. Ce rapport manque cruellement de preuves solides.
Alloncle joue à fond la carte du exposure buzz. Il veut être vu, entendu, cité. Le fond passe après la forme.
Dire que le RN veut détruire l’audiovisuel public, c’est ignorer que d’autres veulent le transformer. La nuance existe.
L’histoire montre que chaque grande réforme médiatique coïncide avec une crise politique. On y est.
Le lobbying de Lagardère ne surprend personne. Mais qu’un député l’assume avec un haussement d’épaules, ça, c’est nouveau. shocking Choquant.