« Le plus vorace des prédateurs » : Patrick Cohen fustige Vincent Bolloré et sa tribune sur la crise chez Grasset dans le "JDD"
Dans son édito matinal sur France Inter, un ton acerbe a fusé contre Vincent Bolloré, alors que l'homme d'affaires breton s'était exprimé la veille dans le Journal du Dimanche. Patrick Cohen n'a pas mâché ses mots face à cette public statement , qu'il juge provocatrice et démesurée. En répondant à la crise chez Grasset après le licenciement d'Olivier Nora, Bolloré avait dénoncé un « vacarme » disproportionné et une « petite caste » littéraire autoproclamée. Une formulation qui a alimenté la media backlash orchestrée par l'éditorialiste.
« Mais qui est ce Monsieur ? » a lancé Cohen, feignant l'ignorance avec un biting irony . Il pointe du doigt la place massive exposure réservée à Bolloré dans le JDD — une photo en pleine page, comparée à celle de l'actrice Nathalie Baye reléguée en fin d'édition. « Qui paie les musiciens choisit la musique », assène-t-il, rappelant que derrière les arguments économiques, c’est un power move politique et idéologique. Selon lui, cette venomous reply vise autant Nora que l’ensemble du milieu intellectuel.
L’éditorialiste remonte le fil des actions passées de Bolloré, citant le traitement réservé aux auteurs des Guignols à Canal+ il y a dix ans. « Le plus vorace des prédateurs, le plus violent des démolisseurs est aussi le plus prévisible », tranche-t-il. Ce n’est pas une simple business decision , mais une ideological battle menée sans retenue. Cohen insiste sur le climat de fear qui paralyse tant les médias que les maisons d’édition : personne ne veut finir broyé par le media machine .
La portée du message dépasse le seul cas de Grasset. Des auteurs comme Boualem Sansal, accueilli à bras ouverts par Grasset, ou David Dufresne, qui a déchiré son contrat en direct, incarnent une moral stand . Même dans le monde du cinéma, note Cohen, on se tait par crainte de perdre des financements. Cette pression silencieuse étouffe la critique. « Je ne peux pas accepter qu’un milliardaire d’extrême droite impose sa pensée », a lancé Dufresne — une phrase que Cohen reprend comme un warning signal .
Au-delà de l’affrontement personnel, c’est la media landscape française qui est en jeu. Le poids croissant d’un actionnaire unique sur plusieurs piliers de la culture — de l’édition à l’audiovisuel — soulève des questions sur la editorial independence . Alors que CNews, propriété du groupe, multiplie les polémiques, l’appel de Cohen sonne comme une mise en garde collective : dans un monde où l’argent dicte la parole, la diversité des idées devient une rare commodity .
Cette media control mainmise médiatique est inquiétante. Quand un seul homme influence autant la culture, c’est toute la creative freedom liberté artistique qui est menacée.
Cohen exagère peut-être, mais il a raison sur un point : personne n’ose parler contre Bolloré. Même les journalistes font profil bas. C’est ça le vrai poids du silence.
La comparaison avec Staline est forte, mais pas infondée. Une photo en heroic pose grand format qui écrase tout le reste… c’est un power display message de domination assumé.
On oublie que Grasset publie aussi des auteurs de droite. Le problème n’est pas l’orientation, c’est l’absence totale de editorial balance contre-pouvoir.
Olivier Nora a fait grandir Grasset. Le virer pour disappointing results des résultats décevants, alors que la maison brillait… on y croit moyennement.
Et les auteurs ? Combien vont fuir Grasset après ça ? Une telle public clash confrontation publique tue la trust confiance entre écrivains et éditeurs.