Quand la tradition devient moteur : le soft power culturel du Vietnam

Au rythme des pas du cortège cérémoniel vers le mont Nghia Linh, là où les rois Hung sont vénérés, une certitude s’impose : la culture traditionnelle n’est pas un simple héritage du passé, mais une ressource vivante pour l’avenir. Dans un monde saturé d’innovations numériques, le Vietnam puise dans ses plus de 4 000 ans d’histoire pour forger une identité culturelle qui résiste à l’uniformisation. Ce patrimoine, fait de vestiges matériels et d’expressions immatérielles, n’est pas figé — il est un socle sur lequel repose une économie créative en plein essor, où l’authenticité devient un avantage concurrentiel.

Avec plus de 40 000 relics historiques et près de 70 000 éléments du patrimoine culturel immatériel recensés, le pays regorge de richesses. Parmi eux, 153 relics nationales spéciales et 357 trésors conservés dans 194 musées. Ce n’est pas seulement un trésor pour les historiens : ces biens nourrissent un tourisme culturel qui capte environ 70 % des arrivées touristiques nationales. Selon l’ONU Tourisme, le Vietnam devrait connaître un taux de croissance touristique de 21 % d’ici 2025 — un bond spectaculaire face à la moyenne mondiale de 5 %. Pour près de 40 % des touristes internationaux, c’est précisément l’appel du patrimoine qui dicte leur choix de destination.

La culture vietnamienne ne se contente pas de se préserver — elle se transforme. Des films aux œuvres musicales en passant par la fashion et les jeux en ligne, les créations contemporaines s’inspirent de thèmes folkloriques, historiques et locaux. Des expériences comme « Hoi An Night » ou les villages d’artisanat traditionnel montrent comment la tradition et la modernité peuvent coexister. À l’ère numérique, ces valeurs uniques — architecture, art, cuisine — deviennent des leviers pour projeter l’image du pays à l’étranger. Comme le souligne l’UNESCO, l’authenticité culturelle est devenue un atout stratégique dans une économie créative globalisée.

La numérisation accélère cette mutation. Depuis 2021, un program national vise à numériser le patrimoine culturel jusqu’en 2030. Des musées aux bibliothèques, les institutions adoptent la 3D, la réalité virtuelle et les expositions en ligne. Partout, des visitors scannent des codes QR pour accéder à l’histoire d’un temple ou d’une maison communale. Ce n’est plus une option : c’est une nécessité. En préservant les mémoires, la numérisation ouvre aussi des marchés. Elle permet à la culture vietnamienne de prospérer dans l’espace numérique, tout en restant ancrée dans ses racines.

Au-delà de l’économie, cette démarche touche à l’identité même de la nation. Le Parti a inscrit pour la première fois la notion de « soft power culturel » dans ses documents officiels, reconnaissant que la force d’un pays réside aussi dans sa culture. Face à la mondialisation, la tradition devient un rempart contre l’assimilation. Chaque festival, chaque artefact numérisé, chaque artiste en scène participe à une mission plus vaste : affirmer que, malgré les progrès technologiques, certaines choses — comme l’âme d’un peuple — ne se dématérialisent pas.

Réactions 6

  • L
    Linh_92

    Fascinant de voir comment un heritage millénaire devient un moteur économique. Mais attention à ne pas trop commercialiser l’authentique.

  • N
    NamTrung

    Et si les jeunes ne s’y retrouvent pas ? La numérisation, c’est bien, mais est-ce qu’ils comprennent vraiment la portée de ces traditions ?

  • M
    Mai_Ha

    Je suis fière que notre culture attire autant. Chaque visiteur qui scanne un QR code apprend un peu de notre histoire. C’est doux.

  • T
    ThaoNguyen

    Le tourisme à 70 %, c’est énorme. Mais est-ce durable ? Et les villages visités, ils en profitent vraiment, ou c’est juste pour les photos ?

  • V
    VanKiet

    « Soft power » — un mot à la mode, mais ici, il a du sens. Notre culture, c’est notre vraie strength .

  • D
    DucAnh_

    On ne peut pas figer la culture dans le béton. Elle doit évoluer. La digital , c’est peut-être la meilleure façon de la sauver.

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

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