Beaune sous pression : quand le tourisme ralentit et cherche sa voie
Dans la salle feutrée du Clos Saint-Jacques à Beaune, ce 22 avril, l’air était à la réflexion plus qu’au triomphe. Mathieu Bruc, directeur de l’office de tourisme de Beaune et du pays beaunois, a réuni hôteliers, élus et professionnels du vin autour d’un constat economic tendu. Loin des discours triomphalistes, cette assemblée annuelle — un moment clé de exchange — visait à décrypter une réalité nouvelle : la fréquentation baisse, malgré un territoire richement doté. Avec plus de 15 596 lits répartis entre 73 hôtels et près de 1 000 meublés, l’offre ne manque pas. Pourtant, quelque chose shift dans les habitudes de voyage. Et les chiffres, eux, ne mentent pas.
En 2025, 3 947 709 nuitées ont été comptabilisées, contre 4,2 millions l’année précédente — une decline sensible, même si Mathieu Bruc parle de « légère baisse ». La méthode de mesure, data , repose sur la téléphonie mobile, offrant une vision globale des séjours, marchands comme non marchands. Ce recul s’expliquerait par un contexte géopolitique tendu affectant les visiteurs étrangers, et pour les Français, une situation financial . « Tout n’est pas forcément explicable », reconnaît-il — la météo joue aussi son rôle. Mais derrière les chiffres, un message clair : le tourisme n’est plus ce qu’il était.
La durée moyenne du séjour, à peine 1,7 jour, reflète un tourisme de passage, souvent intégré à un itinéraire entre Dijon, Nuits-Saint-Georges et Beaune. Pourtant, les visiteurs étrangers représentent près de 57 % du total, avec l’Allemagne en tête, suivie des Pays-Bas et des États-Unis. Le attraction du département, l’Hôtel-Dieu des Hospices, a attiré 466 041 curieux — un record. La wine de novembre 2025 a, elle aussi, fait affluence avec 26 500 visiteurs. Et pourtant, cette vitalité ponctuelle ne compense pas la tendance générale. La tax , stable en 2025, ne montre aucun signe de reprise franche.
L’avenir, selon les discussions, passe par un tourisme plus profond, plus humain. On parle désormais de tourisme participatif, où le voyageur devient acteur, non spectateur — un désir d’immersion dans les local et la vie locale. Autre piste : éviter le surtourisme en valorisant les sites moins connus et les périodes hors saison. Et puis, il y a l’intelligence artificielle, évoquée comme un futur compagnon de voyage, capable de guide et de personnaliser l’expérience. Enfin, un programme de « séduction » ciblant les Scandinaves est à l’étude — une clientèle affluent , attirée par le vin et proche culturellement. Un espoir discret, mais tangible.
Beaune, cœur battant de la Côte-d’Or, n’est pas en crise. Mais elle s’interroge. Entre données froides et aspirations humaines, entre decline statistique et envies de innovation , la ville tente de naviguer dans une époque incertaine. Le tourisme ne se résume plus à des chiffres de nuitées : il s’agit désormais de experience , authentique et mémorable. Et peut-être, comme le suggère cette volonté de sortir des sentiers battus, de redécouvrir ce que le territoire a toujours offert — sans que personne n’y prête vraiment attention.
La decline baisse est inquiétante, mais est-ce vraiment durable ou juste un creux conjoncturel ?
Le tourisme participatif, c’est bien beau, mais est-ce que les structures locales ont les moyens de s’adapter ?
466 000 visiteurs à l’Hôtel-Dieu, c’est un succès. Le vin reste notre meilleur ambassador ambassadeur.
Et si on misait enfin sur l’hiver ? Hors saison, les attraction sites sont vides, mais le charme est intact.
L’IA comme compagnon de voyage ? Dangereux. On risque de perdre l’âme du voyage.
Les Scandinaves ? Pourquoi pas, mais il faudra plus que du bon vin pour les attirer en masse.