Frais d’entrée ou porte fermée ? L’université française à la croisée des chemins
Dans les couloirs feutrés des universités françaises, une rumeur se transforme en angoisse palpable : celle d’un changement brutal de cap pour les étudiants venus d’ailleurs. announcement d’une strict des droits d’inscription majorés frappe au cœur des espoirs de centaines de jeunes étrangers. « Si c’est plus de 1 000 euros l’année, je ne pourrai pas continuer d’étudier en France », lance Elif, une étudiante turque de 25 ans, comme un warning lancé à la fois aux décideurs et à ses pairs. Ce n’est plus une simple menace sur le budget, c’est une barrière qui se dresse là où il y avait encore, hier, une porte entrouverte.
Le minister de l’Enseignement supérieur veut appliquer une règle vieille de cinq ans, mais longtemps laissée dormir : des frais de 2 895 euros en licence, contre 178 actuellement, et 3 941 en master, contre 254. Une increase vertigineuse, presque vingt fois supérieure, qui transforme l’étude en France d’un rêve accessible en un luxe inatteignable. Le plan « Choose France For Higher Education », censé renforcer l’attractivité du système, risque de produire l’effet inverse. « Ça va décourager des étudiants étrangers, c’est certain », prédit Elif, qui vient de terminer un master en intelligence artificielle à Paris-Saclay — un domaine où la competition mondiale est féroce.
Les student crient au scandale, qualifiant la mesure de « xénophobe », voire de « raciste ». Bintou, étudiante ivoirienne en philosophie des sciences à la Sorbonne, vit cette décision comme un rejet : « La France nous fait comprendre que l’on n’est pas les bienvenus. » Avec 700 euros mensuels gagnés en parallèle de ses études, elle ne voit pas comment payer des fees qui dépassent deux fois son salaire mensuel. Pire encore, les aides au logement — les APL — seront supprimées à la rentrée pour les étrangers hors UE non boursiers. « Déjà qu’on va nous supprimer les APL, ça va être très compliqué », souligne Cédric, un autre étudiant ivoirien. Ce double coup frappe surtout ceux venus d’Afrique, dont les familles ont des revenus bien inférieurs à ces nouveaux tarifs.
Même parmi les dirigeants universitaires, le doute s’installe. Mathias Bernard, président de l’université Clermont-Auvergne, juge le calendrier « pas réaliste » : les étudiants ont déjà fait leurs choix pour septembre. Ce « changement de règle du jeu » en plein milieu du parcours brise des trajectoires. Et sur le plan académique, l’impact pourrait être lourd : « Les étudiants étrangers contribuent beaucoup à relever les taux de réussite car ils sont très motivés », rappelle Cédric. Emirhan, un autre étudiant turc, avait renoncé à l’École polytechnique à cause de ses 6 300 euros de frais. Il avait choisi Paris-Saclay pour son accessibilité — un critère qui disparaît aujourd’hui. « Malheureusement la France va s’en priver », regrette-t-il.
Alors que seulement 10 % des 111 500 étudiants extracommunautaires payaient les frais majorés en 2024-2025, la généralisation de cette politique marque un tournant. Les universités ne pourront plus exonérer plus de 10 % de leurs étudiants étrangers. Cette measure , censée équilibrer les comptes, risque de déséquilibrer bien davantage : l’équité, la diversité, et peut-être même l’rayonnement des universités françaises à l’international. Comme le dit sobrement Bintou, « ce n’est pas seulement une question d’argent » — c’est une question d’welcome .
Ils parlent d’attractivité, mais ils construisent un mur financier. C’est contradictoire.
Et les doubles diplômes avec des pays africains ? Vous allez les faire payer combien, eux ?
On oublie que ces étudiants boostent la recherche. C’est du court-termisme pur.
La France va perdre son influence intellectuelle en Afrique. C’est un suicide doux. L’ironie, c’est qu’ils appellent ça un plan d’attractivité.
En Allemagne, c’est gratuit. En Norvège aussi. Et eux, ils augmentent. Logique ?
Je comprends la colère. Mais l’État a besoin de financer l’université. Pas facile.
Le paradoxe est criant : on veut de la diversité, mais on exclude exclut ceux qui en apportent.
Et les boursiers ? Ils sont protégés ? Parce que sinon, c’est une machine à fuir les talents.