Dengue, Zika, fièvre hémorragique... Quelles maladies menacent l'Europe sous l'effet de la hausse des températures ?

Le réchauffement du climat transforme lentement mais sûrement le paysage sanitaire de l'Europe. Entre a rise des températures et les bouleversements environnementaux, de nouvelles menaces infectieuses gagnent du terrain. Dengue, chikungunya, virus Zika, fièvre hémorragique de Crimée-Congo, paludisme… Ces maladies autrefois confinées à des zones tropicales ou subtropicales s'installent progressivement sur le Vieux Continent, portées par des vecteurs comme les moustiques Aedes ou les tiques Hyalomma. Le dernier rapport Lancet Countdown, publié le 22 avril 2026, dresse un constat alarmant : le risque d'épidémie augmente à un rythme sans précédent.

Entre 2015 et 2024, le risque moyen d'épidémie de dengue a bondi de 297 % en Europe par rapport à la période 1981-2010. En 2024, pas moins de 304 cas autochtones ont été recensés par l'OMS — un seuil jamais atteint auparavant. La France, l’Italie, l’Espagne et la Croatie ont toutes signalé des local outbreaks , signe d’une possible transition vers une endémicité. La science est claire : la chaleur favorise la reproduction, l’activité et la durée de vie des moustiques, tout en accélérant l’incubation virale dans leur organisme. Cette double pression climatique amplifie the threat de façon exponentielle.

Le paludisme, bien que toujours concentré en Afrique, n’est plus seulement un risque lointain. Le parasite Plasmodium falciparum, responsable des formes les plus graves, trouve désormais en Europe des conditions climatiques de plus en plus favorable . Entre 2015 et 2024, l'adéquation climatique à ce parasite a augmenté de 26,6 % dans le sud de l’Europe. Même les tiques, vecteurs de la maladie de Lyme et de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC), étendent leur territoire. L’activité de la tique Hyalomma, adaptée aux climats chauds et secs, a grimpé de 11,9 % en une décennie.

Les risques ne se limitent pas aux piqûres. En bord de mer, les bactéries Vibrio, responsables de gastro-entérites parfois graves, prolifèrent avec le réchauffement des eaux. En mer Baltique et en Europe du Nord, 50 % de kilomètres de côtes de plus sont désormais propices à leur transmission. Même en Méditerranée, où la salinité freinait leur expansion, la France et l’Italie ont vu leur littoral favorable aux pathogens augmenter de 31,6 %. La consommation de fruits de mer crus ou des baignades dans des eaux contaminées deviennent des vecteurs réels.

Face à cette crise sanitaire silencieuse, les chercheurs appellent à renforcer l’adaptation : surveillance accrue, campagnes de prévention, recherche sur les vecteurs. Mais surtout, ils insistent sur l’urgence d’agir sur les causes profondes : les émissions de gaz à effet de serre. Sans atténuation du changement climatique, chaque été pourrait offrir un terrain plus fertile à de nouvelles maladies. L’Europe, longtemps épargnée, doit désormais s’adapter à une nouvelle réalité : sa santé est aussi une question climatique.

Réactions 8

  • M
    Marc75

    On parle de dengue à Lyon maintenant ? C’est plus de la prévision, c’est du constat. La response des villes face à ça, c’est quoi ?

  • I
    InèsB

    Ils disent "pas de cas humain en France" pour la fièvre hémorragique, mais les tiques infectées sont déjà là. Quand est-ce qu’on passe du warning à l’action ?

  • J
    JulienC

    Et bien sûr, comme d’habitude, on réagit quand c’est déjà chez nous. Pendant ce temps, les pays du Sud vivent ça depuis des années. La injustice climatique, on en parle ?

  • C
    Chloé_L

    Je vis en bord de mer en Méditerranée. Depuis deux ans, je vois des avertissements sur les algues, maintenant les bactéries… C’est fou ce que le coastal risk a changé.

  • F
    FredS

    297% d’augmentation du risque de dengue ?! Mais c’est quoi ce chiffre. C’est une real danger , pas juste une statistique.

  • N
    NadiaK

    On oublie souvent que la santé publique dépend aussi du climat. Ce rapport est une wake-up call sérieuse. Faut-il attendre des morts pour agir ?

  • T
    ThomasR

    Les moustiques, les tiques, les bactéries… tout se déplace. Finalement, l’Europe devient une zone tropicale en slow motion .

  • S
    SophieM

    Et les enfants, les personnes âgées ? Elles sont les plus vulnérables à la chaleur ET aux infections. Cette double vulnérabilité n’est pas assez mise en avant.

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

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