Pour la première fois en France, un descendant d’esclavagiste formule des excuses pour les crimes de ses ancêtres
Pour la première fois sur le sol français, un héritier de la traite négrière a officiellement présenté des apologies pour les crimes commis par ses ancêtres. Pierre Guillon de Princé, 86 ans, descendant d’armateurs nantais ayant financé la traite atlantique, a prononcé ces mots solennels samedi 18 avril à Nantes, lors d’une cérémonie chargée d’emotions . Face à Louino Volcy, ambassadeur d’Haïti en France, il a reconnu publiquement la souffrance infligée par sa famille entre 1766 et 1789, période durant laquelle six navires furent armés, entraînant le départ de 18 expéditions et la déportation de 4 500 personnes depuis la Loire.
Son geste s’inscrit dans un long personal journey de prise de conscience, entamé à l’adolescence. « C’est vers l’ensemble des communautés de la Caraïbe que je présente mes excuses, pour l’impact du racisme sur leur vie quotidienne, leur santé et leur bien-être », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une justice réparatrice qui dépasse les simples mots. Il s’est appuyé pour cela sur Dieudonné Boutrin, fondateur de l’association « La Coque Nomade Fraternité », lui-même descendant de personnes asservies, qui a co-organisé l’événement et fait ériger le Mât de la Fraternité et de la Mémoire sur les quais de Nantes.
Ce monument, réplique du mât du bateau négrier l’Aurore, est désormais un symbole fort. « Ce mât est dédié à tous les Africains, hommes, femmes, enfants, broyés par l’esclavage colonial », a affirmé Boutrin. Le site, d’où sont partis près de la moitié des expéditions françaises, devient ainsi un lieu de mémoire et de resistance contre le racisme, héritage direct de la traite. L’ambassadeur haïtien s’est engagé à transmettre officiellement les excuses au gouvernement de son pays, une reconnaissance diplomatique inédite.
L’initiative suscite déjà des échos. « Depuis que le mât est monté, six familles se sont manifestées ! », s’est réjoui Guillon de Princé, évoquant des descendants d’esclavagistes prêts à emprunter cette voie de reconciliation . Il s’est inspiré de John Dower, Britannique ayant présenté en 2023 des excuses officielles à Grenade au nom de sa famille, les Trevelyan. « Avec Pierre, nous sommes un peu comme des frères », a confié Dower, saluant un acte courageous qui « comble un vide » laissé par les États.
Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, a salué une démarche « nécessaire ». « L’idée ce n’est pas de donner des leçons de morale à tout le monde mais d’engager un dialogue », a-t-il analysé. Il appelle désormais à un acte politique fort de la part du président Macron à l’occasion du 25e anniversaire de la loi Taubira, qui en 2001 a reconnu l’esclavage comme crime contre l’humanité. Pour beaucoup, ce geste individuel ouvre la voie à une collective responsibility longtemps refusée.
Un geste symbolique, mais quel weight poids derrière. On ne peut pas effacer l’histoire, mais reconnaître la souffrance, c’est déjà un début de justice.
Et le gouvernement dans tout ça ? Des excuses individuelles, c’est bien, mais où sont les reparations réparations concrètes ? L’État doit suivre.
C’est rare de voir un membre d’une famille puissante assumer un passé si sombre. Ce n’est pas de la repentance, c’est de l’honnêteté.
Le Mât de la Fraternité devrait être enseigné en cours d’histoire. Un powerful symbol symbole puissant qui mérite sa place dans la mémoire nationale.
Et si c’était le début d’un mouvement plus large ? D’autres descendants vont-ils oser franchir le pas ? La pressure pression sociale pourrait jouer.
Touchée par l’émotion dans la voix de cet homme. Parfois, un simple mot d’excuse peut libérer des générations entières de silence.
Il faut rester lucide : un geste ne rattrape pas des siècles de violence. Mais c’est un signal fort que la mémoire avance.
Et les autres villes comme Bordeaux ou Le Havre ? Elles aussi ont profité de la traite. Quand est-ce que leur tour viendra pour une telle initiative ?