Et si l’aspirine, ce vieux remède, était notre alliée contre le cancer ?
Une simple pilule blanche, banalement rangée dans les armoires à medicine de millions de foyers, pourrait jouer un rôle insoupçonné dans la lutte contre le cancer. L’aspirine, d’abord utilisée pour apaiser les headache ou les fièvres légères, suscite aujourd’hui l’intérêt des chercheurs pour ses effets potentiels sur la prévention de tumeurs. Nick James, un Britannique porteur du gene du syndrome de Lynch, participe depuis dix ans à un essai clinique qui teste une hypothèse audacieuse : une prise quotidienne d’aspirine pourrait freiner le développement du colon .
Le tournant scientifique a eu lieu en 2010, lorsque le professeur Peter Rothwell a passé en revue des décennies de données, révélant que l’aspirine pouvait réduire à la fois l’apparition et la spread de certains cancers. Cette découverte a ravivé l’intérêt pour le médicament, surtout chez les personnes génétiquement exposées à un risque élevé. John Burn, de l’université de Newcastle, a mené une étude sur près de 900 patients atteints du syndrome de Lynch : une dose quotidienne de 600 mg d’aspirine reduced de moitié le risque de cancer colorectal. Depuis, une seconde étude suggère qu’une dose bien plus faible – entre 75 et 100 mg – pourrait être tout aussi effective .
Les implications de ces résultats dépassent les laboratoires. Au Royaume-Uni, les médecins recommandent désormais aux porteurs du syndrome de Lynch de commencer un traitement à l’aspirine dès l’âge de 20 ans. En Suède, depuis janvier 2026, les patients atteints d’un cancer de l’intestin sont testés pour des mutations spécifiques afin de déterminer leur éligibilité au traitement. Un essai clinique sur 3 000 personnes a montré qu’une prise de 160 mg d’aspirine trois mois après une chirurgie réduit de moitié le risque de récidive. Une avancée qui transforme lentement la policy de santé publique. Mais le mécanisme reste partiellement mystérieux.
L’aspirine agit à plusieurs niveaux : elle inhibe l’enzyme Cox-2, impliquée dans la prolifération cellulaire incontrôlée, et pourrait aussi bloquer le thromboxane A2, une molécule qui empêche les lymphocytes T de détecter les cellules cancéreuses. Selon Rahul Roychoudhuri, de l’université de Cambridge, ce double effet rend les tumeurs plus visible pour le système immunitaire. Cependant, les scientifiques restent prudents. Les questions de dosage, de fréquence et de profil du patient restent ouvertes. Comme le note John Burn, une prise généralisée d’aspirine pourrait réduire la mortalité nationale de 4 % – une projection encore à confirmer.
Fascinant, mais l’aspirine peut aussi causer des bleeding hémorragies gastro-intestinales. La prudence est de mise.
Mon oncle prend de l’aspirine depuis des années pour son cœur. Espérons que ça lui sert aussi contre le cancer.
Les souris ne sont pas des humains. Il faut rester critique face aux études précliniques, même si les résultats sont promising encourageants.
Et pour les enfants ? Est-ce qu’une dose quotidienne est envisageable chez les plus jeunes ?
Une pilule vieille de plus d’un siècle devient peut-être l’arme la plus simple contre la maladie du siècle. Ironique.
Le syndrome de Lynch touche trop de familles. Si une simple treatment thérapie peut changer la donne, c’est une lueur d’espoir.