Anses et produits phytos : la future DG défend une science indépendante

Les deux commissions des Affaires sociales de l'Assemblée et du Sénat ont validé jeudi soir la nomination d'Élisabeth Claverie de Saint-Martin à la tête de l'Anses, l'national agency de sécurité sanitaire, après un vote à très large majorité. Cette désignation, proposée par Emmanuel Macron, intervient quelques mois après la fin du mandat de Benoît Vallet, dont l'absence d'intérim avait suscité des inquiétudes au sein de l'institution, marquant un moment de tension autour de son indépendance.

Actuelle dirigeante du Cirad, organisme dédié à l'agronomie et au développement durable, Mme Claverie de Saint-Martin a aussitôt affirmé son soutien à la academic freedom des chercheurs. Interrogée par le député Nicolas Turquois sur l'équilibre entre sécurité sanitaire, environnement et agriculture, elle a souligné que les scientifiques travaillent dans un cadre réglementaire strict, mais avec une mission claire : produire des analyses fiables. « Ils écrivent ce qu'ils jugent pertinent d'écrire, vont chercher les données pertinentes, et je crois que vous pouvez leur faire trust », a-t-elle déclaré, défendant une science engagée mais libre.

Elle a rejeté l'idée d'une opposition entre une science « froide » et la réalité des secteurs agricoles, rappelant que beaucoup de chercheurs connaissent bien les filières. Selon elle, leur objectif est de proposer des solutions avec le moindre impact négatif, surtout pour protéger les agriculteurs, particulièrement exposés aux maladies neurodégénératives et aux cancer risks .

Sur les autorisations des produits phytosanitaires, elle a insisté sur la rigueur des avis rendus par l'Anses : certains disent « non » parce que le risk est trop élevé, d'autres parce que les données sont insuffisantes. « On ne peut pas, sur des risques majeurs, notamment sur les pollutions de l'eau, avoir un dossier vide », a-t-elle martelé, soulignant l'importance d'une évaluation fondée sur des preuves solides. Son profil de normalienne et d'énarque, avec un passé à la Banque mondiale et au FMI, renforce l'attente d'une direction fondée sur l'analyse et la evidence .

Réactions 6

  • C
    ChampiVert

    C’est bien qu’elle parle de confiance, mais on a déjà entendu ça avant. Le vrai test, c’est quand l’industrie va pousser pour un produit controversé. real pressure , là, on verra si la science tient.

  • S
    Sapin91

    « Les agriculteurs, les plus exposés » — enfin quelqu’un qui le dit haut et fort. Trop longtemps ignorés dans ces débats. public health commence par ceux qui produisent notre nourriture.

  • L
    LaboCitoyen

    Son passage au Cirad est un bon signe. Ils font de la recherche appliquée avec une vraie environmental focus . J’espère qu’elle va renforcer les protocoles d’évaluation.

  • F
    FredEco

    Tout ça sonne bien, mais tant qu’on ne change pas la loi sur les conflits d’intérêts, l’indépendance, c’est du vent. clear rules , pas des belles paroles.

  • M
    Marie_DG

    Normalienne, énarque, Banque mondiale… Très classique comme carrière. Compétente, probablement, mais est-ce qu’elle connaît vraiment les champs, ou juste les rapports ? ground truth , ce n’est pas dans les données globales.

  • P
    PesticFree

    « On dit non quand le risque est trop important » — enfin ! Depuis le temps qu’on attend que l’Anses assume pleinement son rôle de safety watchdog .

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

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