« Un abîme sépare nos valeurs » : l’économie sociale face au RN
Alors que les discussions entre le patronat et le Rassemblement national s’intensifient, une voix dissidente se lève du côté de l’économie social et solidaire. David Cluzeau, président de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), ne cache pas son malaise : selon lui, le projet politique de l’extrême droite creuse un abîme avec les valeurs fondatrices de son secteur. L’accueil, la non-discrimination, la bienveillance — autant de principes qu’il juge incompatibles avec la vision promue par le RN. Et s’il reconnaît l’importance de leur poids parlementaire, il refuse catégoriquement toute rencontre : « S’ils nous proposaient de les rencontrer, ma réponse serait non », assène-t-il.
Face à l’appel du Medef en faveur d’un dialogue pragmatique, Cluzeau choisit une autre voie : celle de la mise en garde citoyenne. « Si le Medef veut influer sur le programme du Rassemblement national, nous, nous voulons convaincre les citoyens que ce projet est dangerous pour eux », lance-t-il. Derrière cette opposition, ce sont des attaques perçues contre les liberties publiques, les médias, et surtout contre l’autonomie des associations que dénonce l’Udes. La condition posée par l’extrême droite à l’utilité sociale — soumise à des contraintes idéologiques — heurte de plein fouet un modèle fondé sur la coopération et l’inclusion.
Sur la question de l’immigration, le clivage est tout aussi net. Là où le Medef défend une immigration économique encadrée, l’Udes y voit une nécessité vitale. « L’immigration est absolument nécessaire », affirme Cluzeau, évoquant la transition démographique en cours : effondrement du taux de natalité, vieillissement de la population, pression sur le modèle social. Pour lui, bloquer l’entrée de travailleurs étrangers, c’est compromettre la réindustrialisation et la souveraineté du pays. Et ce n’est pas qu’un enjeu macroéconomique : c’est aussi une question de justice et de dignité humaine.
Mais le discours va plus loin que les grands principes. Cluzeau pointe du doigt une réalité vécue par de nombreux salariés : l’instabilité du residence permit . « On n’a pas fait d’études générales, mais c’est vrai qu’aujourd’hui, le renouvellement est plus complexe, plus incertain et plus long », reconnaît-il. Des mois d’attente après l’expiration du document placent les travailleurs dans une situation anxious , parfois poussée jusqu’au dismissal — non pour faute professionnelle, mais pour retard administratif. Un risque que courent aussi leurs employeurs, pris entre leurs obligations légales et leur loyalty humaine.
Pour l’Udes, il ne s’agit pas seulement de résister, mais de proposer. « Notre objectif est de démontrer qu’il existe d’autres solutions », insiste Cluzeau. Des solutions qui unite plutôt que de diviser, qui concilient justice sociale et efficiency économique. Dans un contexte politique tendu, l’économie sociale et solidaire se positionne comme un contre-pouvoir moral autant que structurel — un modèle où l’intérêt collective prime sur l’exclusion, et où chaque lien humain compte comme un acte économique.
Le fait que des salariés puissent être licenciés à cause d’un retard administratif est une honte. employers Les employeurs ne devraient pas être mis en demeure comme ça.
L’immigration économique, oui, mais avec des règles claires. Sans cela, c’est le chaos.
Ils parlent de bienveillance, mais est-ce que l’économie sociale arrive vraiment à changer les choses à grande échelle ? Le discours est beau, mais les résultats ?
Protéger le droit d’asile, c’est fondamental. asylum Le droit d’asile fait partie de notre humanité.
Le vrai défi, c’est d’articuler innovation et solidarité. Le modèle actuel peine à se moderniser.
Dans nos territoires, on voit bien que sans travailleurs immigrés, les services du lien ne tiennent plus. C’est une réalité du terrain.
Le Medef dialogue, l’Udes condamne. Les deux ont peut-être raison, mais dans des registres différents.
Ils ont raison de rappeler que la préférence nationale détruit le tissu social. Le tissu social ne se construit pas en fermant les portes.