L'héritier des Pahlavi à Paris : une rencontre discrète mais lourde de sens

Un tremblement discret mais puissant parcourt les couloirs du pouvoir à Paris : Rencontre prévue jeudi après-midi entre Reza Pahlavi, l'héritier exilé de la monarchie iranienne renversée en 1979, et Bruno Retailleau, président des Républicains. Un rendez-vous qui, même s’il se tient à l’écart de l’Élysée, fait écho fort dans un contexte régional en feu.

Âgé de 65 ans et vivant près de Washington, Reza Pahlavi visits fréquemment en France depuis l’escalade de la guerre au Moyen-Orient. Il cherche, selon des proches en France, à élargir son influence en milieux politiques français. Après un entretien discret avec Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, en février, il tente maintenant de rencontrer les principales figures de l’opposition et des commissions étrangères — dont celles de l’Assemblée nationale.

Mais Paris n’est pas enthousiaste. Le ministère des Affaires étrangères n’a répondu à aucune de ses demandes. À l’Élysée, on est clair : une rencontre avec le président n’est ni envisagée, ni envisageable. « C’est au Iranian people de choisir ses dirigeants, pas à la France », affirme un diplomate proche du pouvoir. Un rappel froid à l’ordre : la France ne choisit pas les successeurs.

Et pour cause : l’héritage des Pahlavi reste profondément partagé en Iran. D’un côté, une nostalgie pour une époque de modernité, de société laïque, d’avancées pour les femmes. De l’autre, le souvenir d’une dictature brutale, de la police politique (Savak), de répressions sanglantes. Le cri « Ni chah, ni mollah » continue de résonner dans les manifestations.

Alors, Reza Pahlavi, simple figure symbolique en quête de légitimité ? Ou un candidat crédible en cas d’effondrement du régime des mollahs ? Son stratégie est claire : tisser des liens, surtout à droite, dans un Europe inquiète de l’instabilité régionale. Mais la France, elle, préfère ne pas choisir de camp. Pour l’instant.

Commentaires 8

  • S
    SorbonneGeo

    Retailleau le reçoit ? Sérieusement ? On joue avec le feu. L'Iran ne se règle pas en déjeuner à deux entre un politicien de droite et un prince en exil.

  • T
    Téhéranienne79

    Je suis née en Iran après la révolution. Mon père a été arrêté sous le chah. La Savak... ce nom fait encore peur. Pahlavi senior n’était pas un démocrate. Alors son fils comme sauveur ? Non merci.

  • E
    EuroStrat

    La France dit ne pas prendre parti, mais laisser un opposant de haut niveau rencontrer des dirigeants de parti, c’est déjà une signal . Ce n’est pas neutre.

  • M
    MarionD

    Ni chah, ni mollah — ce slogan résume tout. On veut ni un régime de police secrète ni un régime religieux. On veut la freedom .

  • P
    PolitBistro

    Pahlavi junior a beau se présenter comme modéré, son image en Iran reste entachée par le régime passé. Il ne represents personne, sauf quelques élites nostalgiques.

  • J
    JeanDu14

    Il n’a jamais remis les pieds en Iran depuis 1979. Un leader qui ne vit pas dans son pays depuis 45 ans ? Vraiment ?

  • D
    DiplomateAnonyme

    Le Quai d'Orsay a raison : on ne impose pas de remplaçants aux peuples. Surtout pas avec un héritage aussi controversé. La prudence est de mise.

  • R
    RêveurPersan

    Je ne défends pas la monarchie, mais imaginez un passage vers une république démocratique, avec des figures du passé comme symboles fédérateurs... Pahlavi n’est pas parfait, mais y a-t-il une alternative ?