« Je suis psychiatre et bipolaire » : Michaël témoigne de son parcours hors du commun
Il a fallu attendre 2015 et la dernière année d'externat psychiatrique pour que le Dr Michaël Sikorav reçoive enfin un diagnostic clair : le risk de maladie mentale avait été ignoré pendant des décennies, malgré un père bipolaire suivi pendant des années. Aujourd'hui psychiatre, il raconte son double parcours : celui du patient et celui du soignant. Son témoignage, livré au Journal des Femmes, brise un tabou rare dans le milieu médical.
Dès l’enfance, Michaël montrait des signes évidents de TDAH — agitation constante, fractures multiples, difficulté à se calmer — mais ces traits étaient attribués à un tempérament vif. Pourtant, il sentait déjà la pressure intérieure, ce besoin incessant de bouger, de tout vivre en accéléré. « 20 % des bipolaires ont aussi un TDAH », insiste-t-il. Cette la connection entre les deux troubles est souvent négligée, même par les professionnels.
À 15 ans, la première dépression lourde le cloue au lit pendant des jours. Plus de soin de soi, plus d’appétit, plus de mouvement. Pourtant, personne n’envisage la bipolarité. « On pensait que c’était l’adolescence », dit-il. Entre phases de high mood et effondrements, il réussit à passer son bac puis entame des études de médecine. Pendant les pics maniaques, il assimile les cours « en un mois ». Mais chaque succès est suivi d’un nouvel effondrement, malgré une healthy lifestyle .
Le diagnostic tombe à 26 ans : « Vous avez un trouble bipolaire. » Un shock , alors qu’il est en plein internat en psychiatrie. Des années de traitement inefficace suivent, jusqu’à ce que la quétiapine agisse en deux jours. « J’étais un peu effrayé parce que je me sentais heureux — ça faisait 10 ans que je ne l’avais pas été. » Aujourd’hui, il vit stable, sans stigmate ni effet secondaire majeur. Son épouse surveille sa mood stability au quotidien — « elle est devenue mon psychiatre ».
Michaël ne prend en charge que les cas « résistants » : bipolarités sévères, schizophrénie, dépressions qui n’ont pas répondu aux traitements classiques. « Je ne prends que ceux pour qui les autres options ont échoué : moi ou rien », dit-il. Il croit en une psychiatrie à la fois rigoureuse et humaine. « Être défoncé toute la journée à cause des médicaments est une expérience que tous les psychiatres mériteraient de découvrir », affirme-t-il, plaidant pour une better understanding clinique de la maladie.
À 36 ans, il affirme que la maladie lui a laissé une énergie unique. « Tout ce que la maladie m’a laissé, c’est une énergie que le commun n’a pas. » Son message aux patients est simple : « Il y a toujours quelque chose à faire. Il y a de l’espoir, même si on ne s’en rend pas compte quand on va mal. » Pour les professionnels, il lance un appel clair : la response passe par la formation, l’écoute et l’expérience vécue.
C’est incroyable qu’un psychiatre ait mis autant de temps à être diagnostiqué. Ça montre à quel point the system le système est encore faible sur la détection précoce.
Quand il dit que sa femme est devenue son psychiatre, j’ai eu un chill frisson. C’est à la fois beau et triste.
« Moi ou rien » — cette phrase fait mal. On a besoin de plus de médecins comme lui, qui comprennent vraiment ce que c’est que de vivre avec ces troubles.
En tant que psychologue, je trouve son témoignage précieux. Mais je me demande si tous les patients peuvent bénéficier d’une prise en charge aussi personalized personnalisée.
Il parle de chance d’avoir eu une phase maniaque pour réussir ses études. Mais cette pressure pression intérieure, c’est aussi une souffrance invisible.
Son bouquin « Blouse blanche, idées noires » est déjà dans ma wishlist liste de souhaits. Ce genre de récit peut sauver des vies.