Tchad : neuf voix arrêtées, une marche fantôme et un régime sous pression
Le ciel politique au-dessus de Ndjamena semble s’assombrir. Neuf figures de l’opposition tchadienne, membres du coalition , ont été arrêtées samedi, jetant un froid sur la scène nationale. Placés en detention dans les locaux de la police judiciaire, ces dirigeants devaient initialement mener une protest interdite par les autorités. Le climat, déjà tendu, franchit un seuil critique : l’opposition se retrouve sans voix, les rues sans mouvement, et le pouvoir sans contrepoids.
Le GCAP, qui réunit treize parties politiques et des représentants de la société civile, s’était imposé comme la principale force de resistance face au régime en place. Son appel à manifester le 2 mai visait à dénoncer l’injustice et l’exclusion dont, selon lui, souffre le pays. Mais le gouvernement n’a pas laissé de place au debate : vendredi, le ministre de la Sécurité publique a annoncé la dissolution du mouvement, invoquant un public après une décision de la Cour suprême. Un coup dur, administré dans les formes, mais ressenti comme une repression.
Derrière ces arrestations se dessine une stratégie politique de verrouillage progressif. Depuis l’adoption en octobre d’une réforme constitutionnelle, le président Mahamat Idriss Déby Itno peut désormais briguer des mandats de sept ans, renouvelables sans limite. Une disposition que l’opposition qualifie de dérive autoritaire. Le GCAP, jusqu’ici seule plateforme à challenge les élections et à appeler au boycott, devient un obstacle que le pouvoir semble déterminé à éliminer. Chaque mouvement d’opposition est désormais muselé avant même d’avoir commencé.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le parti Les Transformateurs, emblématique de la résistance civique, dénonce un climat où l’arbitraire deviendrait la norme. Dans un communiqué cinglant, il évoque le cas de son leader, Succès Masra, ancien premier , détenu depuis mai 2025 et condamné à vingt ans pour incitation à la haine. Un procès jugé politically par plusieurs ONG. Makaila N’Guebla, ancien conseiller à la présidence et aujourd’hui en exil, appelle la international à agir face à la dégradation continue des droits humains. À moins d’une semaine du 2 mai, le pays tient son souffle.
Ce test politique, à haut risque, pourrait marquer un tournant. Entre institutions paralysées, libertés restreintes et opposition étouffée, le Tchad entre dans une zone de turbulences où chaque décision du pouvoir creuse un peu plus le fossé avec la population. Les rues, pour l’heure, restent calmes — mais ce silence n’est peut-être que celui qui précède la storm . La tension monte, et avec elle, l’attente d’un geste : soit de release , soit de rupture. Le monde observe, les Tchadiens espèrent.
Encore une répression qui s’habille en légalité. La Cour suprême devient un simple tampon du pouvoir.
Et nous, simples citoyens, on regarde ça depuis chez nous. Qui va payer les conséquences quand tout dérape ?
La arbitraire devient systématique. Quand l’État utilise la loi pour casser la loi, c’est la fin de l’État de droit.
Le boycott était leur arme. Maintenant qu’ils sont en prison, quelle voie reste-t-il à l’opposition ?
Masra en prison, les autres en garde à vue… on dirait un scénario écrit pour éliminer toute dissidence.
Mon fils m’a dit : 'Maman, ils ont peur de qui ? De gens qui marchent avec des pancartes ?' La jeunesse ne comprend plus.
La international communauté internationale doit cesser de regarder ailleurs. Des vies sont en jeu, pas seulement des postes politiques.
Beaucoup de bruit pour une marche interdite. Mais bon, je vois bien que ce n’est pas qu’une question de marche.