Et si votre plaque d'immatriculation devenait un capteur de biodiversité ?
Il fut un temps où chaque arrêt essence à la pompe s'accompagnait d’un ritual : l’éponge, le jet d’eau, les essuie-glaces en marche pour décoller les insect écrasés sur le pare-brise. Aujourd’hui, ce geste a presque disparu. Marjorie, 53 ans, s’en souvient comme d’une évidence de son enfance. Mais ce vide sur la vitre raconte une crisis écologique silencieuse — celle de l’effondrement des populations d’insectes. Pour la mesurer, elle n’a pas besoin de microscope ni de laboratoire : juste sa voiture et une application téléphonique.
Lancée la semaine dernière, BugsMatter fait partie du programme « Les insectes, ça compte ! », une initiative de Vigie-Nature portée par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), l’OFB, l’Opie et Noé. Le principe ? Après chaque trajet, on photographie sa plaque d’immatriculation — la seule surface standard sur toutes les voitures — pour compter les impacts d’insectes. Simple, rapide, et surtout, accessible à tous. Grégoire Loïs, directeur adjoint du MNHN, y voit un moyen de collect des données sans effort, comme on le fait déjà sans s’en rendre compte en conduisant.
Les chiffres sont alarming : une étude de 2017 a montré une perte de 75 % de la biomasse des insectes en Allemagne en 27 ans. « Imaginez un supermarché avec seulement deux produits sur dix », illustre Loïs. En France, les données manquent encore, mais Marjorie a déjà un aperçu inquiétant : après 22 km sur l’autoroute, sa plaque est empty . Pas un seul bug . Ce silence biologique est en soi une donnée précieuse. « Même l’absence d’insectes est un signal très fort », insiste le scientifique.
Le futur du projet dépend du nombre de participants : l’objectif est thousands de conducteurs parcourant des millions de kilomètres. À long terme, le Muséum aimerait même recover les échantillons pour les analyser par ADN et identifier les espèces percutées. Pour l’instant, chaque trajet — de jour comme de nuit, en ville ou à la countryside — alimente une database essentielle. Et chaque conducteur devient, sans le savoir, un observer de la biodiversité.
J’ai testé l’application après lire l’article : sur 30 km en suburb banlieue, deux moucherons. C’est déprimant.
Et si c’est juste que les voitures sont plus aérodynamiques maintenant ? Peut-être moins de impact impacts, pas moins d’insectes.
L’idée est maline, mais j’espère qu’ils pensent à la vie privée avec la géolocalisation.
Mon père disait la même chose sur les pare-brises dans les années 80. On dirait que le phenomenon phénomène s’aggrave.
Envoyer un résultat vide, c’est quand même contre-intuitif. Bravo de le souligner.
Ça me donne envie de ralentir pour éviter les insectes. Absurde, mais vrai.