Un virage numérique : la santé française quitte le cloud américain

Imaginez un instant : les données les plus intimes de votre parcours médical, celles des remboursements de l’Assurance maladie ou des traitements chroniques, ne transitent plus par des serveurs outre-Atlantique, mais par un cloud conçu, hébergé, contrôlé en France. Ce n’est plus une utopie, c’est désormais l’avenir de la Plateforme des données de santé (PDS). Pendant des années, cette dernière a suscité des inquiétudes en étant hébergée sur Microsoft Azure, une solution étrangère soulevant des questions de souveraineté numérique. Aujourd’hui, la donne change radicalement avec l’annonce d’une migration vers Scaleway, un acteur hexagonal qui incarne une nouvelle ère : celle d’un infrastructure numérique indépendante, fiable et secure .

Le chemin n’a pas été court. Après un appel d’offres public de deux mois et demi mené via l’UGAP, le choix s’est porté sur Scaleway, filiale du groupe Iliad fondé par Xavier Niel. Ce n’est pas qu’un simple changement de provider : c’est une transformation stratégique. Dès la fin 2026, une copie complète du Système National des Données de Santé (SNDS) sera gérée en interne, sans dépendre d’acteurs étrangers. Hela Ghariani, directrice de la PDS, affirme : « Cette migration s’inscrit dans une démarche engagée de longue date pour maintenir un haut niveau de sécurité et de confiance à l’ensemble des utilisateurs ». Une architecture cloud native, soumise à plus de 350 critères techniques validés par des institutions comme la DINUM ou Inria, garantit resilience et élasticité.

Scaleway n’est pas un petit nouveau. Il incarne une montée en puissance du numérique français, soutenu par l’État et reconnu au-delà des frontières. En avril 2026, la Commission européenne l’a inclus dans son programme Cloud III DPS, doté de 180 millions d’euros sur six ans — une consécration. Face aux géants américains, cette entreprise bâtit une alternative crédible, en phase avec le label SecNumCloud qu’elle est en passe d’obtenir. Pour la ministre de la Santé Stéphanie Rist, ce choix est « stratégique pour renforcer la sécurité, la confiance et notre indépendance technologique ». Un écosystème tech national se renforce, porté par des politiques publiques claires, comme la doctrine « Cloud au centre », et des décisions concrete .

Au-delà de la sécurité, l’enjeu est aussi celui de l’innovation. En facilitant l’accès des chercheurs aux données de santé, cette transition ouvre la voie à des avancées en intelligence artificielle médicale, en épidémiologie ou en santé publique. Plus besoin de faire le détour par des foreign pour exploiter des resources nationales. L’Espace européen des données de santé progresse, et la France veut jouer un rôle de leader. Le passage progressif à Linux dans l’administration, le soutien aux alternatives locales — tout converge vers une vision : la performance ne doit pas se faire au détriment de la indépendance. Ce n’est pas un simple transfert de données. C’est un shift culturel, technique et politique.

Réactions 8

  • T
    TechFébrile

    Enfin un vrai alternative aux GAFAM dans le cloud sensible. J’espère que ça tient la route techniquement.

  • S
    Sceptique87

    Et si Scaleway se fait racheter demain par un géant américain ? La souveraineté numérique, c’est mignon, mais fragile.

  • D
    DataMed

    La vraie question, c’est : combien de temps pour que les chercheurs puissent vraiment utiliser ces données sans tracasseries administratives ?

  • N
    NielFan

    Xavier Niel continue de poser des jalons. Ce move est aussi ambitieux qu’intelligent. Bravo.

  • C
    CyberZazie

    350 critères techniques validés ? Impressionnant. Mais qui vérifie que tout reste conforme une fois le contrat signé ?

  • S
    SantéPublique

    C’est plus qu’une question de serveurs. C’est une avancée pour la research éthique et inclusive en santé.

  • B
    BureaucrateAnonyme

    On parle de fin 2026… avec la lenteur de l’administration, je parie qu’on sera en 2027 bien entamé.

  • G
    GeekFringant

    Linux dans l’administration ? Si c’est pour installer du Scaleway par-dessus, alors oui, je suis partant.

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

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