Compétitivité à deux vitesses : la Belgique entre innovation et dépendance
En 2024, alors que le global fléchissait de 3 %, la Belgique accusait un retard plus marqué : ses exports ont chuté de 4 %. Un écart qui place le pays à la 19e position internationale, loin derrière ses voisins. La market belge s’élève à 1,8 %, contre 3 % pour la France, 3,3 % pour les Pays-Bas et 7 % pour l’Allemagne. Cette fragilité s’explique en partie par une dépendance à des secteurs sensibles à la global , comme la chimie — qui pèse à elle seule 31 % des exports belges. Une spécialisation qui, en période de ralentissement, devient un point faible.
Autre signe d’un déséquilibre structurel : la faible part des produits de high-tech dans les ventes à l’étranger. Seulement 15 % des exportations belges en 2024 appartenaient à cette catégorie, contre 17 % en France et aux Pays-Bas, et 20 % en Allemagne. Parallèlement, la Belgique s’approvisionne de plus en plus en dehors de l’Union européenne, notamment en provenance de Chine, du reste de l’Asie et des États-Unis. Ces imports sont cruciales pour des secteurs comme l’automobile, les appareils électriques ou le textile, où les intrants étrangers jouent un rôle central dans la production locale.
Pourtant, un domaine résiste : l’innovation. Depuis 2015, la Belgique a accru sa part de research et développement dans son économie, passant de 3,1 % à 3 % du PIB en 2024 — une progression inverse à celle de ses voisins, qui sont désormais à 2,2 % en moyenne. Barnabé Donnay souligne une « très bonne capacité d’innovation », mais fortement concentrée dans des secteurs comme la pharmaceutical . Pour lui, l’enjeu est désormais de généraliser ces gains de productivité à d’autres branches via un élargissement de la research .
Le rapport du SPF Économie ne manque pas d’alerter sur d’autres freins persistants. Les energy en Belgique restent élevés par rapport aux pays frontaliers, tandis que les emissions liées à la production industrielle appellent à une accélération de la transition verte. Les wage augmentent sans être compensés par des gains de productivité, et le déficit de compétences dans les filières STEM (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques) freine la modernisation. Enfin, le employment reste en deçà des objectifs nationaux.
Le ministre de l’Économie, David Clarinval, a insisté sur l’importance du rapport comme outil d’évaluation. « La compétitivité est une priorité collective », a-t-il déclaré. Derrière cette formule, un constat net : la Belgique tient bon dans certains secteurs clés, mais peine à transformer ses atouts en sustainable à l’échelle globale. Entre dépendance aux imports stratégiques, spécialisation risquée et besoins criants en innovation élargie, le chemin vers une économie plus résiliente reste étroit.
La chemistry chimie rapporte gros, mais on mise tout sur un seul secteur. Risqué.
Et si on investissait vraiment dans les startups high-tech au lieu de toujours parler de subventions ?
Le manque de diplômés en STEM est un problème structurel ignoré depuis des décennies.
La energy transition énergétique coûte cher, mais le statu quo coûtera plus cher encore.
On exporte moins, on importe plus, on paie cher l’électricité… mais on a de bons chocolats.
3 % de PIB en R&D, c’est bien, mais concentré où ? La répartition compte autant que le total.
Encore un rapport qui dit qu’on va mal. Le prochain pourra-t-il proposer des solutions ?
La pharmaceutical pharma belge est un modèle. Pourquoi ne pas l’appliquer aux énergies renouvelables ?