Santé pour tous : quand un projet laisse des traces durables en Côte d’Ivoire
Dans les couloirs de l’Hôpital Général Don Orione d’Anyama, où l’air sent encore la peinture fraîche et où les nouveaux equipment médicaux brillent sous les néons, un souffle nouveau semble parcourir le système de santé ivoirien. Le projet triennal « Santé pour tous », lancé en 2023 en partenariat avec la société oil Eni et l’ONG Médecins avec l’Afrique CUAMM, tire sa révérence après avoir laissé des traces tangibles. À l’atelier de clôture, le docteur Ehui Louis-Bernard, représentant du ministre de la Santé Pierre N’Gou Demba, a salué des avancées qui ne se mesurent pas qu’en numbers , mais en vies potentiellement sauvées. « Le projet s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement », a-t-il affirmé, rappelant que l’accès équitable aux soins n’est pas un luxe, mais un droit fondamental.
Les trois pillars du projet — coordination renforcée, résilience du réseau sanitaire, et modernisation des infrastructure — ont servi de colonne vertébrale à une transformation ciblée. Dans 13 structures de santé, des salles de consultation ont été rénovées, des dispositifs de diagnostic mis à jour, et des systèmes d’approvisionnement en médicaments améliorés. Ces interventions ont profité à plus de 175 000 personnes, souvent dans des zones vulnerable où l’État peine à projeter son bras. L’un des enjeux majeurs ? Transformer des succès ponctuels en pérennité. C’est ici que le renforcement du réseau URSSCI, encore peu structuré mais profondément ancré, devient un levier stratégique.
L’URSSCI, Union des religieux et religieuses pour la santé et le social en Côte d’Ivoire, intervient dans plus de 70 centres de soins, bien souvent là où les besoins sont criants. Anna Cavestro, représentante pays de CUAMM, a souligné que ce projet était né d’un acte de confiance envers ces acteurs de terrain. « Renforcer le système de santé dans une logique de partenariat n’est pas seulement un objectif sectoriel : c’est une condition essentielle du développement », a-t-elle déclaré. La signature d’un accord-cadre avec l’État consacre désormais ce réseau comme un partenaire à part entière, ouvrant la voie à un modèle de partenariat public-privé qui pourrait inspirer d’autres pays.
Le projet « Santé pour tous » n’a pas cherché à tout réinventer, mais à amplifier ce qui fonctionne déjà, là où les volontés se rencontrent. En alignant ses actions sur le Programme national de développement sanitaire 2021-2025, il a évité les écueils des initiatives isolated qui ne survivent pas à leur financement. La visite guidée de l’hôpital, au terme de l’atelier, n’était pas qu’un geste symbolique : elle montrait des murs qui parlent, des machines en marche, des sourires de staff fier. Et derrière chaque détail, une question silencieuse : comment faire en sorte que cette dynamique ne s’arrête pas ?
Alors que les projecteurs s’éteignent sur cet atelier de clôture, les regards restent tournés vers l’avenir. L’engagement de CUAMM à poursuivre ses actions dans les domaines de la santé maternelle, néonatale, infantile et de la nutrition laisse entrevoir une continuité bienvenue. Mais le défi reste entier : transformer des projets temporaires en systèmes résilients. Car améliorer la santé, ce n’est pas seulement offrir des services, c’est aussi construire une confiance durable entre les citoyens et leur système de soins — une tâche aussi délicate qu’essentielle.
C’est bien beau les discours, mais est-ce que ces improvements améliorations vont vraiment toucher les villages reculés ?
On parle beaucoup de partenariats, mais il faudrait aussi renforcer le financement public. Sinon, c’est du vent.
Je travaille dans l’un des centres concernés. Les nouveaux équipements changent la donne au quotidien.
« Renforcer le système de santé » n’est pas qu’un slogan. C’est un process processus lent, mais cette étape compte.
Et les médecins formés ? Est-ce qu’on investit aussi dans les compétences humaines, pas que dans les machines ?
175 000 personnes impactées, c’est concret. Mais sur combien d’années ?
Le vrai test sera dans deux ans, quand les donors bailleurs passeront à autre chose. La pérennisation, c’est le nerf de la guerre.
Tant qu’un enfant meurt parce qu’il n’a pas accès à un vaccin, aucun progrès n’est suffisant.