Alstom : Le fabricant du TGV affiche une rentabilité inférieure à ses propres attentes

Alstom, le géant français du rail connu pour le TGV, a dévoilé ce jeudi 16 avril des résultats préliminaires qui marquent un setback pour ses ambitions financières. Malgré une croissance solide des prises de commandes et un carnet d’ordres record, la rentabilité du groupe pour l’exercice 2025-2026 s’est révélée en deçà des attentes, relançant les inquiétudes sur sa capacité à deliver ses projets à temps et avec profit.

Les commandes ont bondi de 42 % en données comparables, atteignant un niveau historique de 27,6 milliards d’euros, tandis que le carnet de commandes dépasse désormais les 100 milliards. Le chiffre d’affaires, lui, s’élève à 19,2 milliards d’euros, en hausse de 7 %, conforme aux prévisions. Pourtant, derrière cette façade solide, la marge d’exploitation ajustée stagne à environ 6 %, loin des 7 % escomptés. Cette pressure sur les marges s’explique par des retards dans l’exécution de grands projets de matériel roulant, reconnaît Martin Sion, directeur général de l’entreprise.

La production de voitures a reculé à 4 284 unités contre 4 383 l’année précédente, un signe clair d’un rythme de montée en cadence plus lent que prévu. Le cash-flow libre, estimé à 330 millions d’euros, reste dans la fourchette anticipée, mais les conditions de trésorerie se tendent. Alstom prévoit une consommation de 1,5 milliard d’euros au premier semestre 2026-2027, une saisonnalité lourde qui pèsera sur sa financial stability à court terme.

En conséquence, le groupe abandonne officiellement son objectif de générer 1,5 milliard d’euros de cash-flow libre cumulé entre 2024-2025 et 2026-2027. Il reconnaît aussi que sa cible de marge d’exploitation ajustée de 8 à 10 % ne sera pas atteinte d’ici 2026-2027. Ce change de trajectoire inquiète les marchés : l’ADR d’Alstom à Wall Street a chuté de 12,9 % après l’annonce. Les investisseurs, déjà sur leurs gardes après une baisse de 8,65 % la semaine précédente, redoutent que la stratégie du groupe ne soit trop fragile face aux aléas opérationnels.

Malgré ces difficultés, Alstom maintient un ton mesuré : il table sur une croissance organique d’environ 5 % et une marge de 6,5 % pour 2026-2027. La route est cependant clairement plus escarpée que prévu. L’enjeu désormais n’est plus seulement de gagner des marchés, mais de manage leur exécution avec plus de rigueur. La public trust , comme celle des investisseurs, dépend désormais de la capacité du groupe à transformer ses succès commerciaux en résultats concrets.

Réactions 6

  • M
    Marc75

    Un carnet de commandes à 100 milliards, c’est impressionnant, mais si la profit ne suit pas, à quoi ça sert ?

  • C
    Clem_R

    Ils parlent de setback comme s’il s’agissait d’un incident ponctuel, mais ça fait plusieurs exercices qu’on voit les mêmes retards. La credibility commence à s’effriter.

  • J
    JulienF

    1,5 milliard de consommation de trésorerie en un semestre… c’est énorme. Comment ils vont cover ça sans lever de capital ?

  • N
    Nadia_83

    La pressure sur les grands projets, je comprends, mais ils savent depuis des années qu’il faut mieux planifier. Ce n’est pas une surprise.

  • T
    Théo_D

    Le vrai problème, c’est que les clients — donc nous, les usagers — finiront par payer les retards. Plus de delays , plus de coûts.

  • S
    SophieM

    Ils ont encore changé leurs objectifs à moyen terme… c’est la troisième fois en deux ans. À ce rythme, personne ne croit plus au plan.

Le texte est basé sur des faits et recomposé à des fins d'apprentissage de l'anglais ; les réactions des lecteurs sont des exemples de points de vue variés.

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