Alstom : Le fabricant du TGV affiche une rentabilité inférieure à ses propres attentes
Alstom, le géant français du rail, vient de livrer des résultats préliminaires qui secouent les marchés. Pour son exercice fiscal 2025-2026, clos fin mars, le fabricant du TGV affiche une profitability inférieure à ses propres prévisions, malgré une hausse spectaculaire des prises de commandes. Cette divergence entre performance commerciale et profit margin inquiète les investisseurs, d'autant que l'entreprise révise à la baisse ses objectifs clés pour 2026-2027.
Les chiffres montrent un contraste frappant : les prises de commandes ont bondi de 42 % en données comparables, atteignant un niveau record de 27,6 milliards d'euros, tandis que le carnet de commandes dépasse désormais 100 milliards. Le revenue progresse lui aussi, à 19,2 milliards, en ligne avec les attentes. Mais en coulisses, la machine ralentit : la marge d'exploitation ajustée s'élève à seulement 6 %, loin des 7 % visés et en recul par rapport à l'exercice précédent.
Martin Sion, le directeur général, reconnaît que certains grands projets de matériel roulant ont avancé plus lentement" que prévu, affectant à la fois les marges et la trésorerie à court terme. La production de voitures est passée de 4 383 à 4 284 unités, un signal clair du décalage dans la execution . Bien que le cash-flow libre atteigne 330 millions d'euros — dans la fourchette attendue — les signaux d'alerte s'accumulent.
Pour l'exercice à venir, Alstom table sur une croissance organique du chiffre d'affaires d'environ 5 %, une marge ajustée autour de 6,5 %, et un cash-flow libre positif. Mais le groupe sonne l'alarme : l'objectif de 1,5 milliard d'euros de cash-flow libre cumulé sur trois ans n'est pas maintenu. De même, l'ambition d'une marge de 8 à 10 % d'ici 2026-2027 ne sera pas atteinte. La saisonnalité devrait même entraîner une consommation nette de 1,5 milliard au premier semestre.
Sur les marchés, le coup est rude. L'ADR d'Alstom à Wall Street a chuté de 12,9 % jeudi soir, tandis que les analystes, comme James Moore de Rothschild & Co Redburn, avaient déjà mis en garde contre des risques" croissants sur la trajectoire financière. Entre succès commercial et difficultés opérationnelles, Alstom entre dans une phase délicate où la pressure pour redresser la barre s'intensifie.
Un carnet de commandes énorme mais des marges qui fondent ? C'est le cauchemar de tout industriel. La execution mise en œuvre devient le vrai goulot.
Ils parlent de record activity activité record, mais c'est surtout un record d'annonces sans résultats. La trust confiance des investisseurs est en jeu.
1,5 milliard de consommation de trésorerie en un semestre ? C'est énorme. Comment ils vont financer ça sans lever de capital ?
Ils ont pris trop de commandes trop vite. Le planning planification est défaillante, point barre.
Wall Street réagit vite, mais c'est logique : une profit warning alerte sur les profits après deux signaux faibles en une semaine, c'est alarmant.
Et les passagers dans tout ça ? Quand les projets roulent lentement, les trains arrivent en retard. La public service service public en pâtit aussi.